Indispensable à la radio, l'humoriste donne du sens à l'actualité, car, nous dit-on, l'humoriste comprend l'époque. Comprendre l'époque ! Tout se tiendrait donc là. L'humoriste montre la noirceur du monde et s'en rit, ajoute-t-on. Bien sûr, n'est-ce pas... de tout temps... les mazarinades... les guignolades... les chansonniers... Daumier et Cabu... Plus dure est sa dent, plus le sarcasme mord. Mais n'est pas Aristophane ou Serge Valetti qui veut.
Drôle d'époque, vraiment, drôle d'époque. Sans l'humoriste serions-nous incapables de saisir en quoi elle est... drôle ? L'humoriste serait-il un lutin facétieux dont nous aurions nécessité pour comprendre à notre tour ce qu'il faudrait craindre, ce qui ferait pleurer, ce qu'il conviendrait de dénoncer pour faux et archi-faux, et où exactement faire jaillir le rire moqueur tel le feu de Bengale d'une enfance retrouvée ? Et ce serait ainsi que notre époque resterait formidablement drôle...
Certes on peut, on veut et on doit rire de tout et de tous. Cela dit, serait-il malvenu de souhaiter que la chronique d'humour ne remplace jamais l'information, la vraie, sourcée, construite et véridique ? De plus, pourrait-on remettre un droit de réponse à la personne qui fait les frais du billet d'humeur humoristique, histoire de l'entendre, peut-être, manier à son tour l'art de l'ironie et du sarcasme, qui sait ? On rit autant de l'arroseur arrosé que de la rosse rossée.
À l'instar de Monsieur Jourdain, nous n'avons de cesse d'inciter nos drôles : Hé bien, messieurs ! Qu'est-ce ? Me ferez-vous voir votre petite drôlerie ?
DC
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