" L'extravagance, le rire, la prière attirent les foules." (Félix Leclerc)

25 avril 2026

ÉCRIRE Le texte naît d'un processus

APPRENDRE À ÉCRIRE

Penser directement dans une langue étrangère sans passer par la traduction, voilà le signe qu'on maîtrise cette langue.

De même, on pourra dire que l'on maîtrise l'écriture si on ne la réduit pas à une traduction de l'oral, une transcription de ce que l'on prononce à haute voix.

Apprendre à écrire, ce n'est pas apprendre à rédiger ce que l'on pense mais apprendre à penser par l'écrit.  

Le premier jet de ce qu'on écrit - ce que l'on jette sur le papier ou sur l'écran - n'est qu'un "champ de possibles", l'esquisse d'un objet en cours de création.

LE FOND ET LA FORME 

Bien sûr, dans le quotidien, on se contente souvent de transcrire ce qui est dit oralement : on dresse des listes, on s'entoure de pense-bête, on effectue des prises de notes, on relève des phrases du quotidien...

Mais quand on cherche à exprimer une pensée, même si l'intention du  texte existe au préalable, le texte ne surgira pas mais émergera progressivement avec cohérence, structure. Le texte n'existe que dans ce processus d'écriture et de réécriture dans lequel le fond et la forme se combinent, collaborent. 

"On n'écrit jamais quelque chose qui s'est passé avant le travail d'écriture, mais bien ce qui se produit (et cela dans tous les sens du terme) au cours de ce travail, au présent de celui-ci, et résulte, non pas du conflit entre le très vague projet initial et la langue, mais au contraire d'une symbiose entre les deux qui fait, du moins chez moi, que le résultat est infiniment plus riche que l'intention." Claude Simon.

DC

(Photo : Brouillon de Victor Hugo - L'homme qui rit)

16 avril 2026

TITANIC Tempest Bob Dylan

DEPUIS SON NAUFRAGE, le 15 avril 1912, le Titanic devient légendaire d'un roman à l'autre, d'un film à l'autre, d'une pièce de théâtre à une comédie musicale, d'une bande dessinée à... une chanson de Bob Dylan !  

En 2012, le chanteur mythique crée Tempest, chanson d'un petit quart d'heure, sur une mélodie surgie de la tradition du protest song qui fit sa renommée.

Bien entendu, le texte dit plus qu'un récit de la catastrophe. Un gardien rêve, des personnages traversent le pont : Wellington, Davey, Léo, Cléo...  Du bon Dylan, obscur et flamboyant. À la sortie de l'album, les commentaires firent valser les mots chaos, apocalypsecrépuscule, cauchemar... Les amateurs de musique festive de fin de semaine iront se trémousser ailleurs. Dylan raconte de belles histoires poignantes, des histoires d'humains, les pieds dans une boue sanglante, la tête dans des poussières d'étoiles.

Tempête La lune blême se leva dans sa gloire / Sur la ville occidentale / Elle raconta une histoire triste /D'un grand navire qui disparut / C'était au quatorzième jour d'avril / Par-dessus les vagues il chevauchait / Le cap mis sur demain / Vers un âge d'or annoncé / La nuit était noire étoilée / Les mers étaient vives et limpides / Il avançait à travers les ombres / L'heure promise se rapprochait / Les feux étaient stables / Planant sur l'écume / Tous les Lords et Ladies / Se dirigeaient vers leurs demeures éternelles / Les lustres se balançaient / Des balustrades en haut / L'orchestre jouait / Des chansons d'amour fané / Le gardien allongé rêvait / Tandis que les danseurs au bal tournoyaient / Il rêvait que le Titanic coulait / Dans le monde d'en-dessous / Leo prit son carnet à dessins / Il en avait eu souvent envie / Il ferma les yeux et peint / La scène dans son esprit / Cupidon frappa son sein / Et le fendit d'un claquement de doigts / La femme la plus proche de lui / Lui tomba dans les bras / Il entendit comme un choc fort / Quelque chose semblait aller mal / Son esprit intérieur lui disait / Qu'il ne pourrait rester longtemps ici / Il chancela vers la plage arrière / Plus de temps désormais pour dormir / De l'eau sur la plage arrière / Déjà trois pieds de haut / La cheminée penchait de côté / Ses pieds lourds commençaient à taper / Il marcha dans le tourbillon / Le ciel s'ouvrait de partout / Le navire s'enfonçait / L'univers s'était grand'ouvert / Leur tour était appelé là-haut / Les anges se détournaient / Les lumières en bas dans le hall / Clignotaient faibles et diffuses / Des corps flottaient déjà / Dans la coque à double fond / Les moteurs alors explosèrent / Les hélices ne démarrèrent plus / Les chaudières en surcharge / La proue du navire se disloqua / Des passagers fuyaient / De tous côtés loin et vite / Ils marmonnaient tâtonnaient et chutaient / Chacun plus las que le précédent / Le voile se déchira en morceaux / Entre douze heures et une heure / Aucun changement aucune surprise / Ne pouvaient défaire ce qui s'était passé / Le gardien allongé rêvait / A quarante-cinq degrés / Il rêvait que le Titanic coulait / Etait jeté à genoux / Wellington lui il dormait / Son lit commença à glisser / Son cœur vaillant battait / Il repoussa les tables / Des éclats de verres en cristal / Étaient éparpillés tout autour / Il mit son ceinturon avec ses deux pistolets / Combien de temps pourrait-il tenir ? / Ses hommes et ses compagnons / Nulle part on ne les voyait / En silence alors il attendit / Que le temps et l'espace interviennent / La coursive était étroite / Il y avait de la noirceur dans l'air / Il vit toutes sortes de chagrin / Entendit des voix de partout / Des cloches d'alarme sonnaient / Pour retenir la marée déferlante / Amis et amants se cramponnaient / L'un à l'autre côte-à-côte / Des mères et leurs filles / Descendant des escaliers / Sautaient dans les eaux glacées / Amour et pitié envoyèrent leurs prières / Le riche Monsieur Astor / Embrassa sa femme chérie / Il n'avait aucun moyen de savoir / Que ce serait le dernier voyage de sa vie / Calvin, Blake et Wilson / Jouaient dans le noir / Aucun des deux ne vivrait jamais / Pour raconter l'histoire du débarquement / Le frère se leva contre son frère / Dans chaque situation / Ils se battirent se massacrèrent l'un l'autre / Dans une danse de mort / Ils abaissèrent les chaloupes de sauvetage / De l'épave qui coulait / Il y eut des traîtres il y eut des retournements / Des côtes et des cous cassés / L'évêque quitta sa cabine / Pour aider tous les gens dans le besoin / Il tourna ses yeux vers les cieux / Dit "A toi de nourrir les pauvres" / Davey le patron de bordel / Sortit renvoya ses filles / Vit le niveau de l'eau monter / Vit la transformation de son monde / Jim Dandy sourit / Il n'avait jamais appris à nager / Il vit le petit enfant handicapé / Et lui donna sa place / Il vit la lumière de l'étoile qui brillait / Ruisselant de l'Orient / La mort se déchaînait / Mais désormais son cœur était en paix / Ils fermèrent les écoutilles / Mais les écoutilles ne tinrent pas / Ils se noyèrent sur l'escalier / De cuivre et d'or poli / Leo dit à Cleo / Je crois que je deviens fou / Mais il avait déjà perdu l'esprit / Quelqu'esprit qu'il eût / Il essaya de bloquer la porte / Pour les garder tous sains et saufs / Du sang d'une blessure ouverte / Coulait de son bras / Les pétales tombèrent des fleurs / Jusqu'à ce qu'il n'en reste plus un / Dans les longues heures terrifiantes / La malédiction du magicien jouait à plein / L'hôte versait du brandy / Il allait lentement vers le bas / Il resta jusqu'à la fin / Il fut le dernier à partir / Il y en avait tant d'autres / sans nom pour toujours / Jamais ils n'avaient navigué / Ni quitté leurs maisons avant / Le gardien allongé rêvait / Le mal était fait / Il rêvait que le Titanic coulait / Et il essayait de le dire à quelqu'un / Le capitaine avait du mal à respirer / Agenouillé devant la roue / Au-dessus et en-dessous de lui / Cinquante mille tonnes d'acier / Il considéra son compas / Et il le regarda en face / L'aiguille pointait en bas / Il sut qu'il avait perdu la course / Dans l'illumination ténébreuse / Il se souvint des jours anciens / Il lit le Livre des Révélations / Et pleura tout son soûl / Quand la Faucheuse eut fini / Seize cents étaient partis vers leur dernier repos / Bons et mauvais, riches et pauvres / Les plus beaux et les meilleurs / Ils attendent à l'arrivée / Et essayent de comprendre / Mais nul ne peut comprendre / Le jugement de la main de Dieu / Les nouvelles arrivèrent par les fils / Et frappèrent d'une force mortelle / L'amour avait perdu de ses feux / Toutes les choses étaient maintenant terminées / Le gardien allongé rêvait / De tout ce qui peut exister / Il rêvait que le Titanic coulait / Dans les profonds flots bleus.

05 avril 2026

ENTRETIEN AVEC ISABELLE AUBRET

(Parfois il suffit de cliquer une seconde fois pour que le son soit lancé)

Salon La chanson des livres, Randan (Puy-de-Dôme), le 02/03/2017

La chanson pour blason

Isabelle Aubret fait face, comme d'habitude. Les victoires dans la réussite, les accidents de la malchance, les bonheurs simples de l'enfance et des amitiés fidèles, les misères d'un monde en manque de justice, de culture et de poésie... L'âge n'entâme en rien son plaisir de croquer la vie, de rire et de s'attendrir et la voilà qui décide de quitter la scène après une ultime tournée d'au-revoir. Depuis plus de cinquante ans elle met sa voix au service des beaux textes de ceux qui, dit-elle, ont le bonheur de savoir écrire. La petite ouvrière en filature a cardé de bien jolis brins de l'histoire de la chanson.

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À Randan, elle présente sa biographie C'est beau la viele coffret des chansons de Jean Ferrat dans leurs enrigistrements d'origine et le dernier album avec des auteurs d'aujourd'hui. Car la chanson d'expression française, même si elle n'a pas la faveur qu'elle mérite et possédait auparavant, reste un véhicule de culture populaire.

26 mars 2026

RES PUBLICA. Hammady Chérif Bah

RES PUBLICA, une ONG (organisation non gouvernementale) qui se donne pour enjeu de favoriser le progrès social et le développement.

Un couple lyonnais, Françoise et Jean-Claude Perrin créent l'association en 1997. Leur activité professionnelle les a dotés d'une jolie fortune. Issus d'un milieu social très modeste, ils ne se voient pas s'installer dans un de ces pays favorables aux riches retraités où leur niveau de vie leur aurait donné une vie luxueuse. L'argent étant le fruit du travail, il n'est pas honteux d'en gagner. Mais comment n'auraient-ils pas utilisé ce pouvoir, cette abondance, pour réaliser des actions conformes à leur fond d'esprit humaniste (oh le gros mot !).

Clin d'œil à la pièce de théâtre Chers parents écrite par Armelle Patron et son frère Emmanuel. Le fim qu'en tira et réalisa  Emmanuel Patron en 2026 divertit tout en interrogeant : que faire d'une fortune tombée du ciel ? 

Les Perrin ont tranché, : ils faciliteront des projets d'intérêt général selon une procédure fort simple et pragmatique :

  1. une étape de réflexion et d'analyse des besoins ;
  2. une étape de proposition d’actions qui associent partenaire public et privé ;
  3. une étape de mise en place réelle des réponses avec les acteurs concernés ;
  4. une étape de suivi et d'évaluation permanente. 

Journaliste et réalisateur guinéen, Hammady Chérif Bah voit son travail programmé sur Arte. Il parle d'émancipation des peuples, il cherche une certaine cohabitation sociale, il souhaite faciliter la conscientisation de l'humanité. Telles sont les valeurs dont il veut témoigner dans toutes ses réalisations.

Trois personnes curieuses des gens, curieuses de découvrir et de connaître, curieuses dans la façon de mener leur existence. Il en est d'autres, bien sûr. Restons-nous éveillés et émerveillés ?

16 mars 2026

HOLLYWOOD, Yves Montand


MONTAND FAIT SON SHOW
L'artiste maîtrise son art de la scène.  

David McNeil, fils du peintre Chagall, crée cette chanson en 1973. Qui ne l'a pas entendue au moins une fois interprétée par un bon nombre d'artistes francophones ? Elle ne ressemble à aucune autre. 

La mélodie, simple, se fredonne facilement. Chaque couplet comprend quatre vers de treize pieds. Le rythme syllabique est le même de vers en vers. Une structure limpide sur deux accords (alternance de tonique et de dominante). Sur chacun des trois premiers vers la voix monte (d'une tierce, d'une quarte) puis elle redescend au quatrième vers. Elle ne s'impose pas, elle s'invite et s'installe dans la mémoire en toute discrétion.

Six couplets pour raconter l'histoire de personnages dignes de romans ou de films. Des gens ordinaires embarqués dans des situations compliquées, comme on dit aujourd'hui (... c'est compliqué, tu sais...).

Yves Montand l'interprète avec son art de crooner élégant et viril. C'est avec un charme à la française qu'il met en sène, sobrement mais avec une sobre malice cette histoire pour notre étonnement et notre plaisir.

Sa mère dansait dans les bars imitant Jean Harlow / Son père lançait des poignards au cirque à Buffalo / Puis un jour, on lui a dit : « Go West ! » et il a pédalé / De New York à Los Angeles sur un vélo volé /
Alors, il a usé ses coudes à frotter les comptoirs / Avec une étoile d'Hollywood qui perdait la mémoire / Le long de Sunset Boulevard, bras dessus, bras dessous / Ils perdaient leurs derniers dollars dans les machines à sous. 
Un jour, Benjamin Shankar, le cousin ou le frère / 
Du type qui joue du sitar à la cour d'Angleterre / A gagné aux dés le droit d'être un an son amant / Ils sont allés vivre à trois dans son appartement. 
Elle ramenait des voyageurs, des collégiens timides / Qui pouvaient faire deux dollars l'heure quelques Polaroid / Ses deux amants dans la cuisine pour ne pas qu'ils regardent / En deux mois, ils jouaient tout Gershwin sur des verres à moutarde. 
Ils ont fait du music-hall déguisés en Hindous / Elle dansait en baby-doll sur Rhapsody in Blue / Elle a fini sous le capot d'une Dodge ou Cadillac / 
Il a ramassé son chapeau et l'autre a pris son sac. 
Puis ils ont continué leur vie d'Hindous errants / Et puis il est retourné vivre chez ses parents / Sa mère devenait trop laide pour jouer Jean Harlow / Son père avait tué son aide au cirque à Buffalo.

06 mars 2026

TERREUR ET TERRORISME. Vaincre sans convaincre.

La terreur est une peur extrême accompagnée d'une angoisse persistante. Collectif, ce sentiment permet de briser la résistance politique d'une population ou de la plonger dans un climat d'insécurité.

Cette pratique, appliquée par un pouvoir aux mesures exceptionnelles ou instaurée en arme de guerre par un groupe redoutable, est à l'opposé de tout principe démocratique selon lequel la parole est au coeur de la vie politique (qu'est-ce qu'un parlement ? un lieu de prise de paroles sans empoignades, non ?). 

Le terrorisme s'installe dès qu'on oublie de débattre sans battre, dès qu'on cherche davantage à vaincre qu'à convaincre.

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24 février 2026

FESTI'VACHE Entretien avec Christian Rouault

   

(Si besoin est, cliquer une seconde fois pour que le son démarre)

FESTI'VACHE 

Rencontres cinématographiques sur le monde rural 

Saint-Martin-en-Haut (Rhône), le 18/03/2017


Christian Rouaud  (César 2012 pour Tous au Larzac) présente Le plaisir du désordre.

Dans ce nouveau documentaire, les deux comédiens belges, Eve Bonfanti et Yves Hunstad (La fabrique imaginaire) laissent la caméra saisir le lent processus de leur création L'HEURE ET LA SECONDE

Christian Rouaud évoque les étapes de son métier, confie la difficulté de convaincre un producteur à s'engager sur un film dont on ignore le contenu à la première prise de vue ! Difficile aussi de monter un récit (car un documentaire est une narration subjective) sans en connaître les épisodes, le ton et la fin... 


Depuis 1991 (Allez les petits, primé au festival Ecolimage de Semur-en-Auxois) Christian Rouaud ne cesse de découvrir à la fois des expériences humaines et l'art de les rapporter. Ses œuvres sont appréciées : Histoire de paysans (à propos de Bernard Lambert, créateur des Paysans travailleurs), Les LIP, l'imagination au pouvoir, Avec Dédé (André Le Meut, sonneur de bombarbe), De la maison radieuse (le village vertical du Corbusier). Avec le Plaisir du désordre il cherche à débusquer - si faire se peut - le noyau d'où germe toute création. 

Son souhait : consacrer un long métrage à l'entartiste Noël Godin...


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14 février 2026

QUATRE LOIS DU TEMPS - Pareto, Carlson, Laborit et Murphy

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Loi de Pareto
Cette loi, dite des 20/80, repose sur le principe de la minorité critique et de la majorité accessoire.

Explication : dans l’accomplissement d’une tâche, 80% des résultats découlent de 20% des facteurs appliqués à sa résolution ; 80% des actes suscitent 20% de résultats ! 

Intérêt ? Nécessité de savoir se concentrer sur l'essentiel et de négliger les éléments insignifiants. Encouragement à revenir d’une part à la notion de priorité (l’urgent et/ou l’important !), et, d’autre part, à l’objectif de la tâche (que dois-je faire ?) ainsi qu’au but personnel qui l’englobe (qu’est-ce que j’en attends ?).


Loi de Carlson
 
Énoncé : Quand elle est interrompue, une tâche exige davantage de temps. 
Intérêt ? En regroupant des actions de même nature en séquences homogènes de travail, on facilite non seulement leur planification mais aussi leur exécution. 
Précision : Qui interrompt une tâche ? Les voleurs de temps !
Énumérons-les : appels téléphoniques inopportuns ; visiteurs imprévus et bavards ; entretiens, rendez-vous et réunions à répétition, mal préparés et trop longs ; manque d'efficience ; enjeux et objectifs flous, incohérents, modifiés en cours de route ; invasion des détails et manies routinières ; incapacité à décider et incapacité à dire non ! 
Chacun et chacune complètera sa propre liste...

Loi de Laborit
Énoncé :  Notre cerveau agit davantage qu'il ne raisonne.
Intérêt ? Être convaincus que nous fonctionnons avec une rationalité limitée.
Illustration :  DILEMME DU PRISONNIER

Prolongement : distinguer l'efficacité de l'efficience.

Convenons que...

  • chercher à être efficacece serait vouloir atteindre l’objectif à tout prix.
  • chercher à être efficient, ce serait être dans l'intention d'obtenir un résultat maximum avec un coût minimum.

L'efficacité suivrait la voie directe pour aller au but, semblable à la buse tombant sur la proie au sol. On tend avec vivacité, sans regarder à la dépense. Il le faut ? Allons-y !

L'efficience opterait pour le cheminement du détour, tel le vol d'un oiseau de jardin. On se pose régulièrement pour économiser et mesurer l'effort. Que faire et comment le faire pour obtenir ce qui est à ma portée ? Et voyons le possible qui suit...

Loi de Murphy Toute tâche à accomplir peut devenir ogresse. Elle contient naturellement le risque de dépasser le temps initialement prévu à son achèvevement. Un écart important sépare le temps imaginaire et le temps réel. Il apparait nécessaire et indispensable de s'accorder dans son planning quotidien quelques rendez-vous avec soi-même (d'un quart d'heure, d'une demi-heure... selon les besoins). Ces moments auront deux usages : digérer les excès de tâche dévoreuse ; prendre du recul pour constater et mesurer le parfait avancement du travail accompli. La loi de Murphy évoque aussi l'énoncé suivant : S'il y a plus d'une façon d'agir, et que l'une d'elles conduit à une catastrophe, il est certain qu'il se trouvera quelqu'un pour le faire ! On parle alors de la Loi de l'Emmerdement Maximum (LEM)

Pour finir par un brin d'humour, une illustration sur le paradoxe du chat beurré. Ce paradoxe combine deux adages : primo, une tartine beurrée retombe toujours du côté du beurre ; secundo, un chat retombe toujours sur ses pattes.

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04 février 2026

Silence - Georges Chelon


SILENCE. Chanson de Georges Chelon (Album Orange et citron, 1982)

Chanson en trois temps. Tout d'abord quelqu'un s'adresse à d'autres, exigeant leur silence. Il prévient qu'il leur faudra écouter un personnage de grande valeur. On comprend que ce "héros", contrairement à la plupart des gens, s'est  comporté en rebelle, en insoumis, en résistant. Contre qui, contre quoi ? L'imagination de chacun et de chacune tente de répondre.
Ensuite, le discours sacralise le héros. L'orateur confie quel bonheur ce fut de devenir son ami, de se livrer à son destin en grande confiance. Il est lumière et délivrance. Les propos empruntent au langage religieux.
Puis, c'est au tour de ce personnage extraordinaire de prendre parole. Il impose, lui aussi, le silence. Et au nom de ce qu'il a subi, au nom de sa différence, de son courage, il ordonne, il impose l'obéissance la plus totale. Il écrase la masse des tièdes, des mous, des gens ordinaires.
La dernière phrase est magnifique : mon peuple adoré, à genoux.
Quelle est la source de ce texte ? Quelles pensées le nourissent ? 44 ans après sa création, cette chanson pourrait accepter plus d'une application contemporaine, non ?

Silence, écoutez-le celui qui n’a pas fait comme nous, celui qui est resté debout quand nous nous sommes mis à vivre à genoux.
Silence, nous qui nous sommes tus, qui avons élevé la honte au point d’en faire une vertu, vaincus et pas même battus.
Silence, écoutez-le celui que l’on a traité de fou, que l’on a traîné dans la boue, quand nous nous sommes mis à vivre à genoux.
Quand il fallait nous taire, nous avons trop parlé, passée notre colère, où était la fierté? Il fallait s’oublier, on n’a pensé qu’à nous, il fallait se dresser, on s’est mis à genoux.

Alors, silence, écoutez bien celui que j’ai dû arracher de l’ombre.
Le ciel m’a conduit jusqu’à lui, lui seul peut faire de vous des hommes. Car il est la lumière rejetée dans la nuit. Au bout de mes prières, il m’a fait son ami. En lui est ma confiance et il ne tient qu’à vous de sortir du silence, d’essuyer vos genoux.
Il va briser les chaînes que toi-même as forgées. D’autres auraient de la haine, lui n’a que des regrets. Compagnon de déroute, l’Histoire vient devant toi, elle te parle, écoute, compagnon, lève-toi.

-"Silence, je suis celui qui n’a pas fait comme vous. C’est moi qui suis resté debout quand vous vous êtes mis à vivre à genoux.
C’est vrai, je suis celui que vous avez traité de fou. Vous m’avez traîné dans la boue, moi qui suis resté debout. Alors, silence, je me charge de tout, je prends sur moi votre défaite. J’ordonne, obéissez, c’est tout. Mon peuple adoré, à genoux."