MONTAND FAIT SON SHOW
L'artiste maîtrise son art de la scène.
David McNeil, fils du peintre Chagall, crée cette chanson en 1973. Qui ne l'a pas entendue au moins une fois interprétée par un bon nombre d'artistes francophones ? Elle ne ressemble à aucune autre.
La mélodie, simple, se fredonne facilement. Chaque couplet comprend quatre vers de treize pieds. Le rythme syllabique est le même de vers en vers. Une structure limpide sur deux accords (alternance de tonique et de dominante). Sur chacun des trois premiers vers la voix monte (d'une tierce, d'une quarte) puis elle redescend au quatrième vers. Elle ne s'impose pas, elle s'invite et s'installe dans la mémoire en toute discrétion.
Six couplets pour raconter l'histoire de personnages dignes de romans ou de films. Des gens ordinaires embarqués dans des situations compliquées, comme on dit aujourd'hui (... c'est compliqué, tu sais...).
Yves Montand l'interprète avec son art de crooner élégant et viril. C'est avec un charme à la française qu'il met en sène, sobrement mais avec une sobre malice cette histoire pour notre étonnement et notre plaisir.
Sa mère dansait dans les bars imitant Jean Harlow / Son père lançait des poignards au cirque à Buffalo / Puis un jour, on lui a dit : « Go West ! » et il a pédalé / De New York à Los Angeles sur un vélo volé /
Alors, il a usé ses coudes à frotter les comptoirs / Avec une étoile d'Hollywood qui perdait la mémoire / Le long de Sunset Boulevard, bras dessus, bras dessous / Ils perdaient leurs derniers dollars dans les machines à sous.
Un jour, Benjamin Shankar, le cousin ou le frère / Du type qui joue du sitar à la cour d'Angleterre / A gagné aux dés le droit d'être un an son amant / Ils sont allés vivre à trois dans son appartement.
Alors, il a usé ses coudes à frotter les comptoirs / Avec une étoile d'Hollywood qui perdait la mémoire / Le long de Sunset Boulevard, bras dessus, bras dessous / Ils perdaient leurs derniers dollars dans les machines à sous.
Un jour, Benjamin Shankar, le cousin ou le frère / Du type qui joue du sitar à la cour d'Angleterre / A gagné aux dés le droit d'être un an son amant / Ils sont allés vivre à trois dans son appartement.
Elle ramenait des voyageurs, des collégiens timides / Qui pouvaient faire deux dollars l'heure quelques Polaroid / Ses deux amants dans la cuisine pour ne pas qu'ils regardent / En deux mois, ils jouaient tout Gershwin sur des verres à moutarde.
Ils ont fait du music-hall déguisés en Hindous / Elle dansait en baby-doll sur Rhapsody in Blue / Elle a fini sous le capot d'une Dodge ou Cadillac / Il a ramassé son chapeau et l'autre a pris son sac.
Ils ont fait du music-hall déguisés en Hindous / Elle dansait en baby-doll sur Rhapsody in Blue / Elle a fini sous le capot d'une Dodge ou Cadillac / Il a ramassé son chapeau et l'autre a pris son sac.
Puis ils ont continué leur vie d'Hindous errants / Et puis il est retourné vivre chez ses parents / Sa mère devenait trop laide pour jouer Jean Harlow / Son père avait tué son aide au cirque à Buffalo.
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