APPRENDRE À ÉCRIRE
Penser directement dans une langue étrangère sans passer par la traduction, voilà le signe qu'on maîtrise cette langue.
De même, on pourra dire que l'on maîtrise l'écriture si on ne la réduit pas à une traduction de l'oral, une transcription de ce que l'on prononce à haute voix.
Apprendre à écrire, ce n'est pas apprendre à rédiger ce que l'on pense mais apprendre à penser par l'écrit.
Le premier jet de ce qu'on écrit - ce que l'on jette sur le papier ou sur l'écran - n'est qu'un "champ de possibles", l'esquisse d'un objet en cours de création.
LE FOND ET LA FORME
Bien sûr, dans le quotidien, on se contente souvent de transcrire ce qui est dit oralement : on dresse des listes, on s'entoure de pense-bête, on effectue des prises de notes, on relève des phrases du quotidien...
Mais quand on cherche à exprimer une pensée, même si l'intention du texte existe au préalable, le texte ne surgira pas mais émergera progressivement avec cohérence, structure. Le texte n'existe que dans ce processus d'écriture et de réécriture dans lequel le fond et la forme se combinent, collaborent.
"On n'écrit jamais quelque chose qui s'est passé avant le travail d'écriture, mais bien ce qui se produit (et cela dans tous les sens du terme) au cours de ce travail, au présent de celui-ci, et résulte, non pas du conflit entre le très vague projet initial et la langue, mais au contraire d'une symbiose entre les deux qui fait, du moins chez moi, que le résultat est infiniment plus riche que l'intention." Claude Simon.
DC
(Photo : Brouillon de Victor Hugo - L'homme qui rit)
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