SILENCE. Chanson de Georges Chelon (Album Orange et citron, 1982)
Chanson en trois temps. Tout d'abord quelqu'un s'adresse à d'autres, exigeant leur silence. Il prévient qu'il leur faudra écouter un personnage de grande valeur. On comprend que ce "héros", contrairement à la plupart des gens, s'est comporté en rebelle, en insoumis, en résistant. Contre qui, contre quoi ? L'imagination de chacun et de chacune tente de répondre.
Ensuite, le discours sacralise le héros. L'orateur confie quel bonheur ce fut de devenir son ami, de se livrer à son destin en grande confiance. Il est lumière et délivrance. Les propos empruntent au langage religieux.
Puis, c'est au tour de ce personnage extraordinaire de prendre parole. Il impose, lui aussi, le silence. Et au nom de ce qu'il a subi, au nom de sa différence, de son courage, il ordonne, il impose l'obéissance la plus totale. Il écrase la masse des tièdes, des mous, des gens ordinaires.
La dernière phrase est magnifique : mon peuple adoré, à genoux.
Quelle est la source de ce texte ? Quelles pensées le nourissent ? 44 ans après sa création, cette chanson pourrait accepter plus d'une application contemporaine, non ?
Silence, écoutez-le celui qui n’a pas fait comme nous, celui qui est resté debout quand nous nous sommes mis à vivre à genoux.
Silence, nous qui nous sommes tus, qui avons élevé la honte au point d’en faire une vertu, vaincus et pas même battus.
Silence, écoutez-le celui que l’on a traité de fou, que l’on a traîné dans la boue, quand nous nous sommes mis à vivre à genoux.
Quand il fallait nous taire, nous avons trop parlé, passée notre colère, où était la fierté? Il fallait s’oublier, on n’a pensé qu’à nous, il fallait se dresser, on s’est mis à genoux.
Silence, écoutez-le celui que l’on a traité de fou, que l’on a traîné dans la boue, quand nous nous sommes mis à vivre à genoux.
Quand il fallait nous taire, nous avons trop parlé, passée notre colère, où était la fierté? Il fallait s’oublier, on n’a pensé qu’à nous, il fallait se dresser, on s’est mis à genoux.
Alors, silence, écoutez bien celui que j’ai dû arracher de l’ombre.
Le ciel m’a conduit jusqu’à lui, lui seul peut faire de vous des hommes. Car il est la lumière rejetée dans la nuit. Au bout de mes prières, il m’a fait son ami. En lui est ma confiance et il ne tient qu’à vous de sortir du silence, d’essuyer vos genoux.
Il va briser les chaînes que toi-même as forgées. D’autres auraient de la haine, lui n’a que des regrets. Compagnon de déroute, l’Histoire vient devant toi, elle te parle, écoute, compagnon, lève-toi.
-"Silence, je suis celui qui n’a pas fait comme vous. C’est moi qui suis resté debout quand vous vous êtes mis à vivre à genoux.
C’est vrai, je suis celui que vous avez traité de fou. Vous m’avez traîné dans la boue, moi qui suis resté debout. Alors, silence, je me charge de tout, je prends sur moi votre défaite. J’ordonne, obéissez, c’est tout. Mon peuple adoré, à genoux."
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